Le troisième danger des paroles inutiles est, selon le moine, la vanité.
Quand on parle, c’est souvent pour attirer l’attention des autres. On
n’a de cesse de parler de soi, de ses bons coups, et en se montrant sous
son meilleur jour, pour que les autres puissent nous regarder sous un
angle qui nous soit favorable. Jean Climaque, un des Pères du désert qui
vécut au VIe siècle, a élaboré la prière dite « absorbée » en Dieu. Il
la décrit ainsi : « Le bavardage est le trône de la vaine vantardise,
que l’on érige en juge sur soi-même et d’où l’on peut claironner à
travers le monde entier. »